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Quito, Mindo et en route vers le nord

du 16 au 22 septembre 2015
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Je me dirige maintenant vers le nord, puisque j’ai décidé de rejoindre Anne en Colombie pendant qu’elle aura une dizaine de jours de vacances. Avant d’y arriver, je fais une étape dans la fameuse capitale équatorienne, Quito, et ses plus de 2 millions d’habitants à 2900 mètres d’altitude. N’étant pas très fan des grandes villes je ne vais pas trop m’y attarder, sauf pour découvrir la vieille ville, une brasserie artisanale bien sympathique où j’ai passé 2 bonnes soirées pleines de rencontres intéressantes, El Teleferico, un téléphérique qui vous emmène à 4000 mètres observer volcans, montagnes et l’étendue de la capitale, et pour finir La Mitad del Mundo, le monument qui représente le milieu du monde, où passe la ligne équatoriale, le truc très touristique mais qui ne vaut ABSOLUMENT PAS le coup, car pas vraiment intéressant, loin du centre ville, et même pas précis!! Les vraies coordonnées 0’0’00 passent en effet quelques dizaines de mètres plus au nord!

Pour m’éloigner du brouhaha continu de la ville, je décide de me rendre à Mindo, un petit village paisible à 2 heures de bus de la capitale, dans la jungle, où il fait bon de s’y promener pour observer les oiseaux nombreux et originaux, ainsi que pratiquer d’autres activités dont les équatoriens raffolent. Une fois arrivé sur place, et surtout sur mon hamac, face à cette nature si paisible, je n’ai plus bougé les pieds! J’ai en effet rien foutu pendant 2 jours, et ça m’a fait un grand bien! J’ai bouquiné, organisé la suite du voyage, et surtout réaliser que j’en avais un petit peu marre de voyager, bouger, faire mon sac, se déplacer, s’installer, défaire mon sac, etc. J’arrive petit à petit à saturation, blasé de 9 mois de découvertes constantes sans répits…

J’ai besoin de vacances, ça tombe bien, je m’apprête à passer 10 jours en compagnie d’Anne :-). Mais avant de se retrouver, je me dois de rallier le nord de la Colombie et sa côte caraïbe. Pour cela, j’ai le choix entre un énorme trajet en bus de 2 jours entre Quito et Cartagène, ou un petit trajet en bus jusqu’à Pasto, première grande ville colombienne après la frontière, où les vols internes sont bons marchés contrairement aux vols internationaux. Évidemment, je préfère voler plutôt que perdre 2 jours de ma vie dans un bus… Ça tombe bien, juste après la frontière entre l’Équateur et la Colombie, avant Pasto, se trouve le petit village de Las Lajas, où des chrétiens ont bâti une basilique à l’endroit exacte d’un soit-disant miracle, dont je ne m’étalerai pas sur le sujet. L’intérêt ici réside dans le fait que cette basilique a été érigée entre 1916 et 1949 au fond d’une gorge contre la paroi dans un style néo-gothique. Je m’y rends donc depuis Quito en 5 ou 6 heures de bus, où je fais la connaissance de Markus, un sympathique allemand polyglotte qui maîtrise parfaitement le français. Après cette visite, un match de foot improvisé avec les gosses du coin en compagnie de ce Munichois, je repars le lendemain pour Pasto, d’où je peux voler en direction de la mer des Caraïbes 🙂

Du mode « globe-trotter » au rôle d’observatrice internationale des droits de l’homme

du 23 août au 10 septembre 2015

Voilà! Cela fait un peu plus de deux semaines que j’ai laissé Patrick en Equateur pour vivre une expérience qui m’attirait depuis longtemps : m’engager pour les droits de l’homme sur le terrain. C’est au travers de l’ONG Peace Watch Switzerland (PWS) et de son partenaire colombien Pensamiento y Accion social (PAS) que j’ai endossé le rôle d’observatrice internationale des droits de l’homme et que j’accompagne, de ce fait, des communautés de paysans qui luttent pacifiquement pour conserver leur lopin de terre face à de grands propriétaires terriens ou entreprises d’huile de palme que seuls l’argent et le pouvoir animent…

Après une petite semaine de formation à Bogota sur le contexte du pays, de la région et des communautés que nous accompagnons, ainsi qu’une nuit dans le bus, je suis arrivée, avec mon collègue Jacques, dans la ville de Barrancabermeja, notre pied-à-terre et principal accès à la région du Magdalena medio où nous passerons les 3 prochains mois. Des 10-15 degrés de Bogota, nous passons à un 35 degrés humide… A peine sortis du bus climatisé, nous suons, sueur qui va devenir quotidienne, Barrancabermeja étant sympathiquement surnommée « El horno », c’est-à-dire le four! Nous prenons rapidement nos quartiers chez un couple chez qui nous logerons les jours où nous ne serons pas dans les communautés, avant de partir pour une première visite sur le terrain avec la coordinatrice de projet de PAS.

Ce sont donc 5 communautés que PWS et PAS soutiennent dans cette région. Certaines sont composées de 32 familles, d’autres de 300, qui cultivent leurs terres depuis 20-30-40 ans et qui, selon la loi colombienne, devraient être propriétaires (on est sensé le devenir au bout de 5 ans…), mais entre la loi et la réalité, la corruption et l’argent règnent malheureusement en maîtres! Les communautés sont donc constamment menacées : on arrache leurs cultures, empoisonne le bétail, brûle leurs maisons, les espionne pour qu’aux moindres gestes « de travers », on puisse démontrer qu’ils sont violents, guérilleros… C’est une lutte quotidienne, psychologique et usante. Toutes sont dans un processus juridique afin d’obtenir des titres de propriété, mais la justice face à la politique ou à l’argent a, ici encore, tendance à perdre de sa rigueur!… Notre rôle dans tout ça est donc de rendre visite à ces familles, d’observer ce qui se passe et de rapporter. Cela permet de donner une voix à ces gens que les autorités n’entendent/n’écoutent pas et de dissuader les attaques contre la population car il serait malencontreux que des observateurs internationaux, stylos et bloc-notes en main, soient témoins d’actes illégaux!

Dans cette région du Magdalena Medio, l’accès est principalement fluvial, le fleuve Magdalena traversant toute la région. C’est donc en chalupa – bateau à moteur d’une vingtaine de places – que nous nous déplaçons. Le confort n’est pas le point fort de ce moyen de transport mais il a le mérite de créer une petite brise qui rend le voyage bien agréable, surtout lorsque celui-ci dure de 3h à 6h! Et lorsque ce n’est pas en bateau, c’est en moto que nous parcourons les derniers kilomètres!

Le hamac, la moustiquaire, l’anti-moustique et la crème solaire sont devenus mes plus fidèles amis! En effet, le soleil frappe fort et les moustiques raffolent de cette humidité ambiante. Quant au hamac, il remplace, d’une manière fort pratique, le lit dans certaines communautés! Les conditions de vie sont donc assez rudimentaires : l’eau qui sort tout bêtement du robinet chez nous est absente, il faut la puiser au puits ou récolter l’eau de pluie pour cuisiner, se doucher, faire la lessive, et surtout, ne pas oublier d’acheter les petits sachets plastiques contenant l’eau potable car il fait soif par cette chaleur, et nos estomacs, contrairement à ceux des campesinos (paysans), ne résisteraient pas longtemps à l’eau disponible! On est bien loin du confort que nous connaissons, mais on s’y habitue… surtout, il faut être honnête, lorsque nous savons que, pour nous, cela est temporaire…